les repasseuses

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lundi 21 septembre 2015

l'objet du jour : PORTE FER - PRESENT D'AMOUR

L'objet du jour est aussi beau par son aspect que par ce qu'il représente. Réalisé en cuivre et laiton riveté, ajouré à la main ce porte-fer date du XIXème siècle. Objet usuel il n'en est pas moins un beau témoignage d'art populaire qui comme l'indique le titre est également un présent d'amour.


 

 

Historique : 


Le porte-fer sert à poser les fers à repasser chauds,  son histoire va de paire avec celle du fer à repasser. L'origine des premiers fers à repasser remonte à l'antiquité en Grèce au IVème siècle avant notre ère, les grecs utilisaient une longue tige métallique chauffée pour lisser leur vêtements. Plus tard les romains utilisèrent le repassage à froid à l'aide de maillets.

Le fer à repasser tel qu'on le connaît fût inventé en Chine au IVème siècle de notre ère,  sorte de bassinoire contenant des braises qui l'ont appliquait sur les étoffes. Le repassage à froid fût cependant pratiqué en Europe jusqu'au XVème siècle, date à laquelle les Hollandais eurent l'idée de fabriquer les premiers fers à lingot.

 HDV IVOIRE, lissoir en pierre, Suède XVIIIè siècle.


Le terme "fer à repasser" est quant à lui apparu au XVIIème siècle, date à laquelle les blanchisseurs utilisaient des plaques de fers chauffées munies de poignées pour repasser le linge.



Symbolique: 


Ce porte-fer est ce qu'on appelle un présent d'amour,  pièce réalisée généralement par le mari pour sa femme, pour lui témoigner son attachement et son amour, il peut cependant être réalisé par une personne proche du couple ou par un tiers suite à une commande comme cadeau de mariage.

Le porte-fer est réalisé en cuivre et laiton riveté, matériaux onéreux,  ils témoignent de la richesse de son commanditaire. Plus généralement réalisé en fer forgé, découpé ou pour un usage plus courant en fonte, celui-ci présente des détails délicats, notamment les pieds en forme de pattes de lion, ornement très en vogue au début du XIXème siècle avec l'avènement du style Empire.

 porte-fer, présent d'amour, Alsace XIXème.


Les présents d'amour, sont très présents en Alsace où l'art populaire est riche et varié. Le coeur Symbole iconographique que l'on retrouve partout, notamment sur ce porte-fer est aussi bien le symbole de l'attachement et de l'amour physique qu'un symbole religieux, témoignage de la dévotion de son créateur ou commanditaire à dieu.  Symbole de l'union de deux êtres et du christ  il témoigne aussi de l'attachement de l'artisan à son métier.

Le coeur est dans l'imagerie populaire alsacienne un des motifs les plus utilisés, on le retrouve notamment en architecture, découpé dans les volets, ou ornant un poteau cornier. Dans le mobilier il orne le dossier des sièges,  on le retrouve aussi comme motif décoratif sur la poterie culinaire, que ce soit peint à l'engobe, ou simplement  donnant sa forme au récipient.



moule, poterie de Soufflenheim, Alsace XIXe.

Il est également très apprécié comme motif décoratif  pour les souhaits de bâptème, ex-votos, et objets en lien avec la vie religieuse au quotidien. 

"Les souhaits de baptême alsaciens, appelés göttelbriefe, étaient offerts par le parrain ou la marraine lors de la cérémonie du baptême. Transcrits sur une feuille de papier, et souvent rédigés en vers, les vœux de piété et de bonheur adressés à l’enfant, étaient généralement contenus dans un cœur enrichi de motifs floraux.
La feuille de papier, savamment pliée, contenait un don soit un denier soit une médaille de baptême. La plupart de ces documents sont d’origine protestante. Cette coutume, connue en Alsace, en Suisse et en Allemagne, remonte au XVIe siècle. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, apparaissent les souhaits de baptême imprimés, complétés de mentions manuscrites. Ceux, réunis ici, sont datés entre 1766 et 1813 et proviennent d’Illkirch Graffenstaden, au sud de Strasbourg."

credit : folk collection , musée alsacien, Strasbourg.


credit : folk collection , musée alsacien, Strasbourg.

Outre le coeur, le porte-fer comporte les initiales de son commanditaire, propriétaire ou de la personne à laquelle celui-ci était destiné. Il présente également une ancre marine, qui pourrait nous indiquer le métier de son créateur, probablement un marin ou un batelier. Il existe aussi pour l'ancre une autre symbolique qui rejoint celle du coeur. 

L’ancre est un symbole du christianisme primitif. On la trouve fréquemment représentée au IIè et IIIè siècles dans les catacombes et les cimetières chrétiens de Rome et les sarcophages. Elle était aussi gravée sur des bagues et des gemmes.
Elle symbolisait l’espérance mais aussi la fermeté dans la foi, la conscience, la pauvreté et les tribulations et le salut. Une signification est donnée dans l’Epître au hébreux(6:19) de saint Paul : « Nous avons cette espérance comme une ancre pour l’âme, ferme et sûre ».





Vous pouvez retrouver la signification du coeur dans l'ouvrage :  LE COEUR DANS L'ART POPULAIRE D'ALSACE. Ouvrage édité par le musée alsacien en 1976 à l'occasion de l'exposition ayant pour thème ce symbole.






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