les repasseuses

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mardi 22 septembre 2015

IL ETAIT UNE FOIS LA COOP - Jean-Pierre Haessig, mémoire vivante de notre bonne vieille coopé !


La passion pour l'histoire et le patrimoine nous amène toujours à faire de belles rencontres, celle qui suit, je l'attendais depuis deux bonnes années.  Je me souviens de l'article de l'article des DNA qui nous présentais Jean-Pierre Haessig et son Panthéon dédié à la COOP, qui on bien faillit disparaître du site historique de celle-ci au port du Rhin, par chance....il n'en est rien !




PORTRAIT :

J'ai eu le plaisir de rencontrer Jean-Pierre à l'occasion des sa porte ouverte pour les JOURNEES DU PATRIMOINE des 19 et 20 septembre. Personnage discret et chaleureux, il nous transporte dans son univers dédié à la COOP,  enseigne dont il fût tout d'abord client avec ses parents,  puis employé en tant que peintre en lettre.

Si on lui demande à quand remonte sa passion pour l'enseigne, il nous dira que c'est depuis toujours, c'est là qu'il commencera à récupérer, sauver ça-et-là, les premiers documents et objets de l'enseigne. En plus d'une décennie, il aura rassemblé plusieurs milliers d'objets, affiches, enseignes et documents relatifs à la COOP.
Je tiens à le remercier pour sa démarche et pour son autorisation concernant la publication des photographies de l'article.


Jean-Pierre Haessig et son Musée de la Coop.


LE MUSEE DE LA COOP : 

Situé  sur le site historique de l'enseigne, au Port du Rhin, le musée installé dans deux bâtiments, dont un ancien magasin de matériel de pêche nous transporte dans l'histoire de la COOP depuis sa création au début du XXème siècle.  

  • En 1902, 125 ouvriers métallurgistes de Strasbourg se réunissent pour la première Assemblée Générale Constituante de la Coopérative de Strasbourg et Environs. La même année, la première succursale ouvre ses portes au 15, rue des Dentelles, dans le secteur de la Petite France à Strasbourg."


1è succursale au 15 rue des dentelles, Strasbourg.



  • En 1912 la "Konsum" (qui deviendra plus tard la Coop) s'installe son siège au port du Rhin.
vue du premier bâtiment du "Konsum" au Port du Rhin.


  • En 1914 la coopérative possède 23 boutiques générant 2,7 millions de marks en chiffre d'affaires. 

Vue intérieure d'une COOP.


  • En 1926, dix ans avant les congés payés, la COOP acquiert un hôtel à Heilligenstein pour offrir à ses 35000 coopérateurs un lieu de villégiature à moindre frais. Elle gère alors 81magasins.

Hôtel de la coop en 1932.

  •  En 1928, l'entreprise lance une première boutique ambulante


  • En 1932, 30 ans après sa création, la Coopé de Strasbourg compte déjà 136 succursales dans le département du Bas-Rhin.

 Vue aérienne des entrepôts de la COOP, Port du Rhin vers 1930.



  • En 1952, après la période tragique de la Seconde Guerre Mondiale, la Coopé de Strasbourg, à laquelle se sont jointes toutes les autres Coopératives de Consommateurs du Bas-Rhin, poursuit son expansion et en 1952 la société compte 365 magasins dans le département."

 L'expansion de la COOP d'après guerre.

Musée de la COOP.  reconstitution d'une boutique.

  •  En 1961, la société ouvre à Strasbourg-Meinau, le1er supermarché coopératif en libre service de France.


  •  En 1964, la COOP possède au Port du Rhin,le chai le plus moderne d'Europe (148cuves)

 Vue sur les quais de chargement du chai, qui s'étale sur plusieurs niveaux en sous-sol.


L'histoire de la coop continue son chemin jusqu'en 2015, date à laquelle celle-ci est mise en liquidation judiciaire.... Il ne reste plus que le travail de mémoire pour faire revivre l'age d'or de la "Coopé" et garantir ainsi son souvenir.


QUELQUES PHOTOS DE L'EXPO :








Vous pouvez contribuer à la sauvegarde de ce patrimoine en transmettant vos documents, objets et souvenirs sur la Coop à Jean Pierre Haessig :
  • 12 rue du Port du Rhin
  • 67100 Strasbourg
  • Contacts 03 88 45 05 92









lundi 21 septembre 2015

l'objet du jour : PORTE FER - PRESENT D'AMOUR

L'objet du jour est aussi beau par son aspect que par ce qu'il représente. Réalisé en cuivre et laiton riveté, ajouré à la main ce porte-fer date du XIXème siècle. Objet usuel il n'en est pas moins un beau témoignage d'art populaire qui comme l'indique le titre est également un présent d'amour.


 

 

Historique : 


Le porte-fer sert à poser les fers à repasser chauds,  son histoire va de paire avec celle du fer à repasser. L'origine des premiers fers à repasser remonte à l'antiquité en Grèce au IVème siècle avant notre ère, les grecs utilisaient une longue tige métallique chauffée pour lisser leur vêtements. Plus tard les romains utilisèrent le repassage à froid à l'aide de maillets.

Le fer à repasser tel qu'on le connaît fût inventé en Chine au IVème siècle de notre ère,  sorte de bassinoire contenant des braises qui l'ont appliquait sur les étoffes. Le repassage à froid fût cependant pratiqué en Europe jusqu'au XVème siècle, date à laquelle les Hollandais eurent l'idée de fabriquer les premiers fers à lingot.

 HDV IVOIRE, lissoir en pierre, Suède XVIIIè siècle.


Le terme "fer à repasser" est quant à lui apparu au XVIIème siècle, date à laquelle les blanchisseurs utilisaient des plaques de fers chauffées munies de poignées pour repasser le linge.



Symbolique: 


Ce porte-fer est ce qu'on appelle un présent d'amour,  pièce réalisée généralement par le mari pour sa femme, pour lui témoigner son attachement et son amour, il peut cependant être réalisé par une personne proche du couple ou par un tiers suite à une commande comme cadeau de mariage.

Le porte-fer est réalisé en cuivre et laiton riveté, matériaux onéreux,  ils témoignent de la richesse de son commanditaire. Plus généralement réalisé en fer forgé, découpé ou pour un usage plus courant en fonte, celui-ci présente des détails délicats, notamment les pieds en forme de pattes de lion, ornement très en vogue au début du XIXème siècle avec l'avènement du style Empire.

 porte-fer, présent d'amour, Alsace XIXème.


Les présents d'amour, sont très présents en Alsace où l'art populaire est riche et varié. Le coeur Symbole iconographique que l'on retrouve partout, notamment sur ce porte-fer est aussi bien le symbole de l'attachement et de l'amour physique qu'un symbole religieux, témoignage de la dévotion de son créateur ou commanditaire à dieu.  Symbole de l'union de deux êtres et du christ  il témoigne aussi de l'attachement de l'artisan à son métier.

Le coeur est dans l'imagerie populaire alsacienne un des motifs les plus utilisés, on le retrouve notamment en architecture, découpé dans les volets, ou ornant un poteau cornier. Dans le mobilier il orne le dossier des sièges,  on le retrouve aussi comme motif décoratif sur la poterie culinaire, que ce soit peint à l'engobe, ou simplement  donnant sa forme au récipient.



moule, poterie de Soufflenheim, Alsace XIXe.

Il est également très apprécié comme motif décoratif  pour les souhaits de bâptème, ex-votos, et objets en lien avec la vie religieuse au quotidien. 

"Les souhaits de baptême alsaciens, appelés göttelbriefe, étaient offerts par le parrain ou la marraine lors de la cérémonie du baptême. Transcrits sur une feuille de papier, et souvent rédigés en vers, les vœux de piété et de bonheur adressés à l’enfant, étaient généralement contenus dans un cœur enrichi de motifs floraux.
La feuille de papier, savamment pliée, contenait un don soit un denier soit une médaille de baptême. La plupart de ces documents sont d’origine protestante. Cette coutume, connue en Alsace, en Suisse et en Allemagne, remonte au XVIe siècle. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, apparaissent les souhaits de baptême imprimés, complétés de mentions manuscrites. Ceux, réunis ici, sont datés entre 1766 et 1813 et proviennent d’Illkirch Graffenstaden, au sud de Strasbourg."

credit : folk collection , musée alsacien, Strasbourg.


credit : folk collection , musée alsacien, Strasbourg.

Outre le coeur, le porte-fer comporte les initiales de son commanditaire, propriétaire ou de la personne à laquelle celui-ci était destiné. Il présente également une ancre marine, qui pourrait nous indiquer le métier de son créateur, probablement un marin ou un batelier. Il existe aussi pour l'ancre une autre symbolique qui rejoint celle du coeur. 

L’ancre est un symbole du christianisme primitif. On la trouve fréquemment représentée au IIè et IIIè siècles dans les catacombes et les cimetières chrétiens de Rome et les sarcophages. Elle était aussi gravée sur des bagues et des gemmes.
Elle symbolisait l’espérance mais aussi la fermeté dans la foi, la conscience, la pauvreté et les tribulations et le salut. Une signification est donnée dans l’Epître au hébreux(6:19) de saint Paul : « Nous avons cette espérance comme une ancre pour l’âme, ferme et sûre ».





Vous pouvez retrouver la signification du coeur dans l'ouvrage :  LE COEUR DANS L'ART POPULAIRE D'ALSACE. Ouvrage édité par le musée alsacien en 1976 à l'occasion de l'exposition ayant pour thème ce symbole.






samedi 19 septembre 2015

COMMERCE, ARTISANAT ET INDUSTRIE DE SCHILTIGHEIM

Ce nouvel article est consacré à l'activité commerciale et artisanale et industrielle de Schiltigheim. Il sera complété régulièrement de rubriques au fil des recherches et des découvertes sur les acteurs de la vie économique de la ville.


SCHILTIGHEIM, LA CITE DES BRASSEURS :

Première commune  au nord de Strasbourg, elle est traversée par l'Ill, l'Aar et le canal de la Marne au Rhin.  Son origine remonte à l'antiquité, située sur un axe commercial du temps de l'Alsace gallo-romaine, menant de ARGENTORATE l'actuelle ville de Strasbourg à BROCOMAGUS anciene capitale des Triboques, aujourd'hui, Brumath. L'ancienne voie romaine qui partait de l'actuelle place Broglie suit le trajet de la route de Brumath.(des vestiges ont été retrouvé récemment lors de fouilles rue brûlée, au niveau de l'INPI).

A l'entrée de la commune, sur le site du cimetière Sainte Hélène, à l'embranchement des routes de Bischwiller (ancienne voie supposée romaine) et de la route de Brumath (voie romaine), se trouvait à l'époque gallo-romaine, un vicus d'artisants, terme désignant un "quartier urbain" ou un "bourg".
Cette situation géographique privillégiée, lui donne dès ses origines des opportunités de développement, qui reprendront dès la fin du XVIIIème siècle et au tournant du XIXème.


 cartes des voies de l'Alsace romaine.



INVENTAIRE : 

La ville appelée également Citée des brasseurs, suite au développement de nombreuses brasseries, dont je traiterais l'historique au fur-et-à-mesure, engendre par cette activité un foisonnement d'autres secteurs, dépendants ou dissociés de l'industrie brassicole.
Je démarre donc l'inventaire des différents acteurs économiques, passé ou présent, pérennes ou oubliés qui ont contribué au développement de la cité.

HENRI BARBEY : SERRURERIE,  SOUDURE AUTOGENE. 





2, rue de la glacière, Schiltigheim.

Au Détour d'une flânerie dans les rues du vieux Schillick, j'ai tout de suite été interpelé par cette ancienne enseigne,  dont l'actuel propriétaire ne connaît pas l'histoire. Le site comprend un bâtiment à usage d'habitation et d'anciens ateliers. Ce site fut le siège de l'entreprise de Serrurerie et soudure HENRI BARBEY.

ateliers et habitation.

La société doit dater du début du XXème siècle, en atteste l'enseigne, qui nous renseigne sur son époque. Elle comporte un numéro de téléphone à 4 chiffres, système utilisé de 1912 et1918.


vue aérienne du site.


D'après mes recherches HENRI BARBEY serait originaire de TARARE, dans le Rhône. Il s'y maria.... plus tard je retrouve sa trace à Lyon en 1904, il a alors 23 ans et est mentionné comme serrurier.
Je retrouve notre entrepreneur, génial inventeur aux ETAS-UNIS. Il y dépose un brevet d'invention le 29 mai 1923, période à  laquelle il devait avoir son entreprise à Schiltigheim.

Intitulé du brevet : 

MACHINE POUR COUPER LES FRUITS ET LES LEGUMES DE TOUTES SORTES, SPECIALEMENT LES POMMES DE TERRE.






IL faut  dire que notre ami avait le nez creux, inventer un coupe frite dans le pays du burger....quelle géniale idée, durant les années folles avant la grande dépression. Ca ne pouvait que marcher !

Selon la légende le premier "burger" serait originaire de HAMBOURG, ville portuaire au nord ouest de l'Allemagne qui lui donna son nom.
1885, Charlie Nagreen originaire de la ville de SEYMOUR dans le Wisconsin, place des boulettes de viande de boeuf entre deux tranches de pain et part les vendre à la foire d’Outagamie : Le hamburger était né !

Point de burger....sans frites....et c'est là que l'on revient à notre ami HENRI BARBEY. Plébiscitées aux USA, les "french fries",  qui d'ailleurs ne sont pas si "french" mais dont la paternité revient à nos cousins belges, sont l'accompagnement incontournable du Hamburger.

"La première attestation de l'expression « french fries » en anglais est datée de1894 dans le livre intitulé Rolling Stones de l'écrivain américain  O.Henry, précédée en 1884 de French fried potatoes. Mais c'est seulement à la fin de la Première Guerre Mondialque cette expression décolla aux États-Unis, lorsque les soldats américains qui avaient goûté des frites dans le nord de la France ou en Belgique sont retournés dans leur pays. Comme la langue parlée dans ces régions était le français, ils les auraient tout simplement appelées French fries.
Selon une autre version, c'est le président américain, Thomas Jefferson, parce qu'il aimait beaucoup les frites préparées par son cuisinier français, qui les aurait naturellement appelées « French fries ». On affirme ainsi que Jefferson, président des États-Unis 1801-1809, qui fut aussi ambassadeur en France de 1785 à 1789, a probablement introduit les frites aux États-Unis en 1802, d'une recette très probablement obtenue de son chef français, Honoré Julien, et qu'il évoque de sa main déjà les potatoes fried in the French manner avec son annotation « Pommes de terre frites à cru, en petites tranches ». Là encore, on ne parle pas de bâtonnet.
Toutefois, les frites n'apparaissent dans les livres de cuisine populaire qu'en 1813 en Amérique, d'où leur nom de French Fries, pour les Américains et les Canadiens. Cette explication est cependant contestée."
 source wikipedia.


publicité des années 1920.


La consommation de frites aux USA s'est démocratisée après la première guerre mondiale, les soldats américains y ayant pris goût lors de leur présence dans le nord de la France. C'est avec le développement des premières chaînes de restauration rapide, que la frite et devenue incontournable. White Caste est la première chaîne de restauration rapide américaine fondée en 1921 par Billy Ingram.

1er fast food White Castle,Wichita, USA, 1921.

vendredi 18 septembre 2015

l'objet du jour : albarello en faience polychrome, Espagne XVIIème siècle.

L'albarello, ou plus communément appelé pot à pharmacie, était alors la forme la plus répandue de ce contenant. Vase en majolique, souvent de forme cylindrique, il était conçu à l'origine pour contenir épices et confitures puis servit à conserver drogues solides, onguents et plantes médicinales séchées des apothicaires.






L'exemplaire présenté et la pièce maîtresse de la pharmacie, originaire d'Espagne, il est en faience polychrome, et remonte au XVIIème siècle.  Il présente un décor d'arabesque et de feuilles, au centre de celui-ci  la mention F.SA, nous indique son contenu.

L' abréviation F.SA est d'origine latine pour "folia saponaria", feuille de saponaire, issue de la "saponia officinalis", saponaire officinale.
La saponaire officinale est une plante herbacée vivace de la famille des Caryophyllaeae. On l'appelle aussi savonnaire, savonnière, saponière, herbe à savon, herbe à foulon, savon des fossés ou savon de fosse.

Le terme latin saponaria ou plus exactement saponem, est à l'origine du mot Savon en français, du mot Soap en anglais, Sabonete en portuguais, Sabun en azéri, Saebe en danois etc....ces origines étymologiques ont suivi l'expansion de l'empire romain, que ce soit du nord au sud de l'Europe jusqu'aux portes de l'Asie Mineure.



saponaria officinalis, saponaire officinale

 

 

Propriété Médicinale :

Cette plante possède des propriétés dépuratives,diurétiques,cholérétiques et vermifuges. On l'emploie contre les rhumatismes et la goutte, contre certaines dermatoses et comme expectorant pour les affections de la cavité orale (angines, aphtes, etc.). La décoction de Saponaire appliquée sur le visage permet de lutter efficacement contre les maladies de la peau tel que l'acné. Les Romains en mettaient dans leur bain pour guérir les démangeaisons. Les léproseries l'utilisaient pour nettoyer les plaies des lépreux.
Elle a été traditionnellement utilisée comme "dépurative du sang" pour ses propriétés cholérétique, antitoxique, diurétique ou antiarthritique. 




Au XVIIème siècle :

L'usage médical à cette époque reste assez restreint,  il le fût cependant pour le traitement de la lèpre, répandue à cette époque.


 
 HST. Intérieur d'apothicaire, Gian Domenico Valentino (Rome 1639-1715) 



Au XIXème siècle :

La saponaire contient dans toutes se parties, tige, racines, feuille, un principe actif la saponine. Elle est reconnue émétiquepurgative, et sternutatoire. On la dit sudirifique, dépurative, fondante, apéritive, diurétique, désobstruante, aphrodisiaque, emménagogue.

Elle a été préconisée dans la jaunisse, le rhumatisme, la goutte, les maladies de la peau et a joui d'une certaine renommée comme antisyphilitique. Dans ce dernier cas elle était prescrite en décoction (30 à 100 grammes par litre d'eau) ou bien on donnait le suc de la plante fraîche à la dose de 100 à 200 grammes par jour.

Enfin, elle à été de tous temps employée à l'extérieur sous forme de décoction contre les engorgements ganglionnaires, les dartres et les démangeaisons. Dans certaines contrées, les feuilles fraîches servent à panser les cautères. On prescrit toutes les parties de la plante, mais plus spécialement la racine et la tige.




Autre usage :

Outre ses propriétés à usages thérapeutiques la Saponaire, du latin Sapo, nom d'un décolorant capillaire d'origine gauloise et qui donne à partir du IVè siècle, le mot savon : elle était utilisée comme tel pour nettoyer la laine du suint et pour blanchir le linge/les dentelles. En effet, frottée dans l'eau, la saponaire est moussante et laisse une sensation glissante sur la main.

Dans l'antiquité, la plante était ainsi utilisée par les Foulons. Dans son ouvrage "De la saponaire et de la saponine"Thèse de pharmacie de Paris , 1882, Loque Marius, nous  décrit ce savoir-faire durant l'antiquité.

D'après les textes antiques de Dioscoride et Galien, l'auteur nous explique le procédé et l'usage de la saponaire. La racine, ou rhizome, était employé par les foulons pour le nettoyage des laines.

"la laine tout d'abord séparée du corps de l'animal, avait besoin avant toute autre opération, d'être débarrassée des diverses ordures qui s'y trouvaient mêlées et, entre autres, de la fiente des brebis. C'étaient ordinairement les enfants du foulon qui avaient cette occupation - d'où vient que la plus grossière injure que l'on puisse jeter à la face d'un homme était de l'appeler fils de foulon.

Il fallait ensuite la débarrasser du suint. Aristote, dans son traité des couleurs, nous explique comment il faisait cette opération. On se servait de lessive, c'est à dire d'une eau qu'on faisait filtrer auparavant au travers les cendres de bois ; puis on la soumettait à l'action de l'urine ayant subit un commencement de putréfaction et on la foulait dans ce liquide, soit avec les mains, soit avec les pieds. 
C'est pour cela, dit un auteur latin, que ces ouvriers ne sont point sujet à la goutte.

L'urine de chameau était employée de préférence (cameli... urinam fullonibus utilissimam esse tradunt) mais comme elle était assez rare, des baquets placés dans les carrefours des villes étaient destinés à recueillir l'urine humaine. Quand la laine ou l'étoffe avait passé le bain d'urine, on la faisait dégorger en la lavant à grandes eaux ; on achevait ensuite de lui donner le dernier degré de propreté dans un bain où l'on faisait bouillir le saponaire ; ainsi que nous l'enseignent également Théophraste, Dioscoride et Hesechyus."
L'on apprend également que durant l'antiquité tout ce qui se rapporte au métier de foulon à une connotation péjorative, aussi bien chez les Grecs que chez les Romains. Aussi Julius Polux nous apprend que le mot
"fullon" servait à Rome pour désigner les pédérastes. De même, les eaux usées et putrides qui s'écoulaient du lavoir des fouleries servait de sobriquet à Athènes pour désigner une courtisane usée et avilie.


 Pompéi, la fullonica, Laverie de Stéphanus.


1 - Entrée et chambre de presse.
2- Laverie.
3 - Resserrage de la trame.
4 - Cardage.
5 - Salle de tonte.
6 - Toilettes.
A,B,C - Cuves de lavage.



Pour conclure sur le métier de foulon, de nombreux lieux-dit et rues portent la mention de cet ancien métier.
On en retrouve mention à Strasbourg dans le quartier dit de la Montagne-Verte, ancienne zone marécageuse, dont une des rues porte ce nom.  Vous pouvez retrouver la rue des foulons sur le plan de Strasbourg ; rue que je connais bien, y ayant vécu toute mon enfance. Cette rue porte probablement ce nom du fait de la proximité de l'Ill, rivière et plus long affluent du Rhin qui traverse toute l'Alsace. Sa présence à proximité de la rue explique peut-être, le nom donné à celle-ci où cette activité a du se développer.




jeudi 17 septembre 2015

le musée présente : L'ATELIER DU PHOTOGRAPHE


L'objet du jour : Chambre photographique d'atelier - appareil de reproduction photographique / process camera - PAUL DREWS, Berlin

C'est la rentrée et comme chaque année on revient avec les souvenirs de vacance, le musée, lui, vous présente son "petit" appareil photo. Pièce maîtresse de l'atelier du photographe, c'est une chambre photographique destinée à la reproduction de clichés, d'une certaine manière c'est un peu l'ancêtre de notre photocopieur...





Il porte la plaque du fabriquant qui nous indique :



Historique :

L'appareil à pu être conçu entre la fin du XIXème siècle et les années1930. Je n'ai à ce jour rien trouvé sur le son concepteur, il existe cependant d'autres fabriquants qui réalisent de type d'appareil, dont les dimensions pouvaient dépasser les 4 mètres de long.

L'atelier PAUL DREWS s'établi à dans le quartier historique de Berlin-Kreuzberg, dont la rue Jacob trouve ses origines au 17ème siècle, mentionnée pour la première fois sur une carte en 1716, c'était la seule route qui reliait Berlin aux villages de Tempelhof et de Schöneberg.   

L'histoire et l'origine de l'appareil photo remonte quant à lui à l'invention de la camera obscura dont on attribue l'origine à Ibn al-Haytham (965-1039), scientifique arabe et père de l'optique moderne.
Le terme camera obscura est issu du latin qui signifie chambre noire, procédé qui fut exploité dès le XVIème siècle, notamment pour des travaux topographiques. On attribue souvent la découverte de la chambre noire à Leonard De Vinci qui ne fit qu'étudier ce procédé et ses applications possibles, notamment pour le dessin.

L'usage de la chambre noire fut tout d'abord utilisé part les peintres, plus tard Daniele Barbaro améliora en 1568 la chambre noire en la dotant d’une lentille ouvrant ainsi la voie aux générations postérieure d’astronomes. Le Père Schneier, astronome, qui dota cet appareil d'un diaphragme et parfois d'un miroir incliné à 45° (ce qui en fait l'ancêtre du reflex), se servit de cet instrument pour dessiner les taches solaires.


 procédé primitif de la chambre noire. 

procédé du Père Schneier, avec miroir.


Les débuts de la photographie moderne :

L'appareil photo, tel que nous le connaissons, apparaît au XIXème siècle avec l'invention de Joseph Nicéphore Niépce (1765-1833), un inventeur de Chalon-sur-Saône, qui associe ces trois procédés pour fixer des images (de qualité moyenne) sur des plaques d'étain recouvertes de bitume de Judée, sorte de goudron naturel qui possède la propriété de durcir à la lumière (1826 ou 1827 ).

Au début du XIXème Niépce réussit à obtenir et conserver une image due à l'action de la lumière. Dès 1812, il parvint à obtenir en lithographie des négatifs (grâce au chlorure d'argent) et des positifs (avec du bitume de Judée), mais ces images ne sont pas stables. Il utilise pour cela du sel d'argent placé au fond d'une chambre noire, mais le sel d'argent continue de noircir après l'exposition et l'image finit par disparaître.


Première expérience réussie, domaine du Gras,1826.


Des améliorations suivront cette exploit  avec les inventions de Louis Daguerre en 1839 et son dagueréotype, puis plus tard le procédé du calotype par William Henry Fox Talbot (1800-1877), procédé négatif-positif qui permet la diffusion multiple des images, suivra  l'ambrotype en 1851 par Frederick Scott Archer. Ces avancées techniques donneront naissance aux premiers négatifs rigides.

négatif sur plaque de verre.


Procédé et notice technique :

 


Le rail à crémaillère permet le tirage.


châssis à épreuves, vue sur le volet à glissière.


châssis à épreuves.


 l'appareil est muni d'un objectif à l'avant.

le corps et composé d'un soufflet amovible monté sur crémaillère.


appareils optiques employés en photographie.

TEXTES ET ILLUSTRATION TIRES DU SITE


Dans tous les procédés de photographie que nous avons décrits, on se sert toujours des mêmes appareils optiques. C’est pour cela que nous avons renvoyé à un chapitre particulier la description de ces appareils : cette description doit maintenant nous occuper.
Au point de vue théorique, l’appareil optique employé en photographie, se réduit à l’objectif et à la chambre noire. Les instruments accessoires qu’on a successivement introduits dans le matériel du photographe, n’ont pour but que de simplifier et d’accélérer les opérations. Nous n’avons donc à parler que de l’objectif et de la chambre noire.
L’objectif est une lentille convergente, enchâssée à l’extrémité d’un tube de cuivre. Cette lentille a pour effet de produire l’image renversée et réduite des objets extérieurs, sur un écran de verre dépoli, disposé au foyer de la lentille. La chambre noire sert à défendre l’écran intérieur de la lumière du dehors, et à permettre à l’opérateur d’apercevoir facilement cette image.
La grandeur de l’image dépend évidemment de la grandeur de la lentille, et des distances relatives des différentes parties de la lentille et du modèle. Il est donc important de faire choix d’un objectif approprié à la grandeur de l’image que l’on désire former, et de disposer les différentes parties de l’appareil, de façon à obtenir cette grandeur, enfin de placer le modèle à une distance convenable, pour arriver à une netteté parfaite dans l’image.
La figure 54 représente les tuyaux de deux objectifs adaptés à une chambre noire. Le tuyau porteur de l’objectif peut avancer ou reculer, grâce à une crémaillère mue par un bouton ; ce qui permet d’arriver assez vite à donner à l’image la plus grande netteté désirable, en la plaçant bien au foyer de l’instrument.

 Fig. 54. — Tuyaux porteurs des objectifs d’une chambre noire.


Cette dernière opération se nomme mise au point, dénomination parfaitement juste, car il n’y a qu’un seul point auquel l’image présente une netteté parfaite ; et c’est ce point ou foyer, que l’on recherche par tâtonnement, en déplaçant graduellement l’objectif ou le verre dépoli, de la chambre obscure, au lieu de changer la position du modèle.
On distingue deux sortes d’objectifs : l’objectif simple et l’objectif double. Le premier, malgré ce que pourrait faire croire son nom, est formé de deux lentilles juxtaposées, l’une concave et l’autre convexe, la partie saillante de cette dernière s’emboîtant exactement dans le creux de la première, ce qui ne fait, en réalité, qu’une lentille et ce qui permet de conserver le terme d’objectif simple. L’emploi de deux lentilles accolées, l’une concave, l’autre convexe, mais faites de deux espèces de verres différents, de crown et de flint, a pour but de rendre le système achromatique, c’est-à-dire d’empêcher la coloration de l’image sur les bords. Cette coloration est due, comme on le sait, à la sphéricité imparfaite de la lentille convergente, défaut qui fait que les rayons qui constituent la lumière blanche ne vont pas tous converger au même point.
L’objectif simple a l’inconvénient d’exiger une très-grande distance entre l’appareil photographique et le modèle ; aussi n’est-il employé que pour les reproductions de paysages et de monuments, en un mot des objets pour lesquels la distance n’altère en rien la netteté de l’image.

 Fig. 55. — Objectif double.

L’objectif double découvert par Charles Chevallier, se compose du système précédent, auquel on en joint un second formé par la réunion d’une lentille convergente et d’une lentille concave-convexe. La figure 55 montre les rapports des deux lentilles convergentes qui constituent l’objectif double.

fig. 56. — Objectif, diaphragme et tube à crémaillère.
 
 Les deux lentilles achromatiques sont placées en A (fig. 56) ; le tuyau qui les porte est mobile à l’aide d’un pignon et d’une crémaillère B. Quand l’appareil ne doit pas recevoir de lumière, il est fermé par l’obturateur D. À l’intérieur se trouve le diaphragme H, que l’on introduit par le tuyau L, quand on veut obtenir une image plus petite, et par conséquent plus nette.
L’objectif double est employé pour les portraits, parce qu’il n’exige pas, comme l’objectif simple, un éloignement considérable du sujet à reproduire. L’objectif simple ne donne pas une image aussi éclairée, aussi lumineuse que celle que fournit l’objectif double ; aussi exige-t-il une plus longue durée d’exposition que ce dernier. C’est une raison de plus pour que l’objectif double soit préféré à l’objectif simple. Dix secondes suffisent, avec l’objectif double, pour obtenir un portrait.
On sait que plus une image a d’étendue, moins elle est nette et lumineuse, ce qui se comprend très-aisément, puisque c’est la même quantité de lumière qui s’étale sur une plus grande surface. Cette circonstance oblige quelquefois à recouvrir l’objectif double d’un second diaphragme, évidé au centre de façon à diminuer encore le champ de l’objectif. On obtient de la sorte une image plus lumineuse et plus nette, parce qu’elle est devenue plus petite ; mais on perd un peu de la rapidité des opérations. Les diaphragmes se placent donc ou se retirent, au gré de l’opérateur.
La chambre noire est une boîte hermétiquement fermée, pour ne laisser aucun passage à la lumière ; elle porte à sa partie antérieure, l’objectif, et à sa partie postérieure, le verre dépoli destiné à recevoir l’image formée par l’objectif.
L’objectif est placé sur une planchette de bois, laquelle est mobile dans le sens vertical, c’est-à-dire glisse dans des rainures pratiquées aux parois de la chambre. Il en est de même de la plaque de verre, qui est mobile dans le même sens, et qui est remplacée, au moment d’opérer, par le châssis à glace contenant la plaque sensible.


 Fig. 57. — Chambre noire à soufflet.


Le corps de la chambre noire se compose de deux parties, rentrant l’une dans l’autre de façon à pouvoir approcher ou éloigner l’écran de l’objectif.
On a réalisé d’une manière très-ingénieuse, la mobilité des deux parties de la chambre obscure, grâce à la disposition que représentent les figures 57 et 58. Les deux parties de la boîte constituant la chambre noire, sont réunies à l’aide d’un soufflet qui, par une dilatation ou une compression convenables, peut amener les différentes parties de l’appareil dans la position cherchée.
Tantôt la base de la chambre noire est fixe (fig. 57) et la partie mobile glisse dans une rainure pratiquée sur cette base ; tantôt elle est pliante et munie d’une charnière (fig. 58). Dans ce dernier cas, la chambre noire est portative ; car les deux parties de la base se referment après qu’on a comprimé le soufflet.


Fig. 58. — Chambre noire à soufflet et à charnière.

La chambre noire est portée sur un pied que nous représentons (fig. 59). Voici l’explication de ses différentes parties. A, est la table pour supporter l’appareil ; E, la vis pour l’incliner ; C, B, sont les pièces à coulisses pour fixer fortement cette table lorsque la vis E a marché ; F, H, sont les pièces de bois à crémaillère pour hausser et abaisser la table, à l’aide de la vis sans fin, et du pignon PO ; IJ, KLM, est le trépied qui porte le tout.

 
Fig. 59. — Support de la chambre noire.

Les châssis qu’on emploie pour l’exposition des plaques sensibles, ont déjà été décrits à propos de la préparation de ces plaques, aussi n’y reviendrons-nous pas.
Lorsque l’appareil est mis au point, et la glace prête à recevoir l’image, l’objectif est fermé par un couvercle. Quand on veut recevoir la lumière, on lève la planchette qui recouvre le côté sensible de la glace, et l’image se produit au moment où l’on enlève l’opercule de l’objectif, Cependant cette opération n’est jamais instantanée ; de plus on risque de déranger l’appareil en agissant trop brusquement. Un constructeur, M. Dallmeyer, a imaginé un obturateur instantané, qui se lève entièrement par la simple rotation d’une vis.


Fig. 62. — Glace dépolie mobile de la chambre noire fournissant deux images.
 
La figure 62 représente le châssis porteur de la glace dépolie. Il est muni d’une coulisse, pour faire glisser la glace dépolie, et d’un petit ressort, pour la maintenir en place. Quand on a pris une épreuve, on lève le ressort, et l’on pousse la glace dépolie dans sa coulisse, pour prendre la seconde épreuve. Le châssis à épreuves, qui remplace la glace dépolie, au moment de recevoir l’image sur la glace collodionnée, est représenté par la figure 63.

Fig. 63. — Châssis à épreuves.

Les chambres noires que nous venons de décrire, servent toutes à la production de grands portraits ou de vues d’après nature, dont quelques exemplaires suffisent ; Quand il s’agit de portraits-cartes de visite, il faut avoir à sa disposition plusieurs clichés, de façon à opérer plus rapidement le tirage des positifs. Les chambres noires pour les cartes de visite, sont munies de quatre objectifs. On obtient ainsi sur une plaque quatre images.
Les figures 64, 65 et 66, représentent la chambre noire employée par les photographes pour les portraits-cartes



agrandissement des épreuves positives. — appareil de woodward. — appareil de m. van monckboven.

Un des principaux objets que doit se proposer la photographie, pour répondre à des conditions assez diverses, c’est l’agrandissement des petites images qu’elle fournit.
Cette branche de la photographie ne s’est développée que longtemps après les autres. Il semble pourtant, au premier abord, qu’étant donné un cliché, il n’était rien de plus facile que de l’amplifier à l’aide du mégascope. Cette idée est juste en théorie ; mais la pratique a révélé des obstacles qu’il n’était pas facile de prévoir,
La méthode générale de l’amplification des épreuves photographiques, consiste à faire passer une vive lumière à travers un cliché négatif, à agrandir cette image, en lui faisant traverser la lentille d’un mégascope, c’est-à-dire d’une lanterne magique, et à fixer sur le papier sensible cette image amplifiée. Cette opération exige des appareils optiques particuliers, destinés à l’agrandissement du négatif. Nous commencerons par faire connaître ces appareils spéciaux.
Pour éclairer le cliché de verre destiné à subir l’amplification, on reçoit sur un miroir plan, la lumière du soleil ou de la lampe électrique, et, par une puissante lentille convergente, on concentre cette lumière sur le cliché, en ayant soin que le faisceau de rayons lumineux qui le traverse, soit divergent, c’est-à-dire aille en s’élargissant à mesure qu’il s’éloigne de ce cliché. Si l’on interpose sur le trajet de ces rayons, une feuille de papier sensibilisée, il s’y formera une image agrandie et positive du cliché.
La figure 75 montre théoriquement le mécanisme physique de cet agrandissement.

Fig. 75. — Théorie de l’appareil d’agrandissement.


Supposons un miroir plan AB, recevant les rayons solaires, et les réfléchissant de manière à les rendre parallèles après cette réflexion. Les rayons r, r, tombant sur le miroir plan AB, prendront la direction rectiligne et parallèle r′r′. Plaçons sur le trajet de ces rayons une puissante lentille convergente CI ; les rayons solaires, qui traversent cette lentille, se réuniront, par l’effet de la réfraction, en un point unique, ou foyer, E, et éclaireront très-vivement ce point. Si un peu en avant de ce foyer E, on place un cliché négatif de verre, DH, ce cliché sera très-vivement éclairé, puisque presque tous les rayons solaires qui sont réfléchis par le miroir, viendront traverser ce verre. Maintenant, plaçons au delà de cette glace DH, une lentille convergente achromatique E ; cette lentille formera une image redressée de cet objet, par des rayons qui iraient en divergeant jusqu’à l’infini. Mais si, à une distance convenable, on interpose sur le passage de ces rayons, un écran FG, l’image se formera sur cet écran, et elle sera plus ou moins grande, selon que l’on écartera davantage l’écran FG, de la lentille convergente E.
Tel est le mécanisme physique du mégascope, celui de la lanterne magique et de la fantasmagorie, appareils qui servent à amplifier les images d’un objet, préalablement très-éclairé par une source lumineuse. Sur le même principe est basé l’appareil qui a reçu d’un photographe américain, M. Woodward, le nom de chambre solaire, et qu’il a appliqué à l’agrandissement des épreuves photographiques.
Après cette idée générale sur l’ensemble de l’appareil pour l’agrandissement des épreuves photographiques, arrivons aux détails de chacune de ses parties, c’est-à-dire au miroir plan, ensuite à la chambre solaire proprement dite.

 Fig. 76. — Miroir plan, ou porte-lumière.

La figure 76 représente le miroir plan, ou porte-lumière, employé pour projeter un faisceau de lumière sur la lentille du mégascope. C’est une surface plane, en cuivre argenté, portée sur un cadre de bois et fixée à une demi-roue dentée, K. La tige G, qui aboutit à l’intérieur du cabinet noir, dans lequel est placé l’opérateur, commande une seconde tige aa, à l’aide d’une roue d’angle H. Cette tige a porte à sa partie supérieure une vis sans fin qui met en action la petite roue dentée I, et celle-ci fait tourner la grande roue K, pour mouvoir le miroir de bas en haut. L’opérateur placé dans le cabinet noir, n’a donc qu’à tourner la poignée qui termine la tige G pour imposer au miroir un mouvement vertical.
Quant au mouvement horizontal, il est produit par la tige AC, à l’extrémité de laquelle se trouve une vis sans fin, qui fait tourner la roue dentée B. Celle-ci porte les deux tiges E, E, qui à leur tour portent les axes des roues I et K. Cette roue B est percée à son centre, pour donner passage à la tige a, et tourne à frottement doux dans la pièce de fer circulaire CC, qui porte tout l’appareil sur trois pattes D, D.
En mettant en mouvement les deux tiges A et G, qui sont parallèles, l’opérateur, de l’intérieur de son cabinet noir, peut donc imprimer au miroir toutes les positions possibles.

Fig. 77. — Chambre solaire de Woodward, ou appareil pour l’agrandissement des épreuves photographiques.

L’appareil de Woodward est représenté par la figure 77. Dans le côté exposé au midi, d’une chambre entièrement fermée et privée de toute autre lumière, on fait une entaille carrée. On place dans cette ouverture un châssis de bois, contenant une puissante lentille convergente O, destinée à concentrer à son foyer les rayons du faisceau de lumière horizontale, réfléchie par le miroir plan, ou porte-lumière, établi au dehors. La hauteur de cette ouverture au-dessus du parquet, doit être, selon M. Monckhoven, de 1m,25. À 3 ou 4 mètres de la lentille convergente O, on place un large écran de bois, A, recouvert d’une feuille de papier blanc, placée parallèlement à l’ouverture O. On prend ensuite un pied à support mobile, I, sur lequel on place une chambre noire ordinaire, CD. Seulement, on remplace le verre dépoli qui, dans les opérations photographiques, sert à mettre au point l’image de cette chambre noire, par le cliché de verre négatif qu’il s’agit d’amplifier. La lumière solaire, arrivant par le miroir plan, traverse la lentille O, ensuite le cliché placé en D, qu’elle éclaire avec puissance. L’objectif B de la chambre obscure, qui se trouve sur le passage des rayons lumineux venant de traverser le cliché D, forme une image amplifiée de ce cliché, qui vient se peindre sur l’écran A.
Si l’on reçoit sur une plaque de verre collodionnée, l’image qui vient se peindre sur l’écran A, on obtiendra un cliché négatif sur verre, qu’il n’y aura plus qu’à fixer par les moyens ordinaires et qui servira ensuite à tirer des épreuves positives sur papier.
L’appareil que nous venons de décrira est connu sous le nom d’Appareil de Woodward, du nom de l’inventeur américain à qui l’on doit cette application à la photographie, du mécanisme physique du mégascope ou de la lanterne magique. Mais l’appareil de Woodward présente, selon M. Monckhoven, quelques inconvénients. La forme des lentilles dont on se sert, influe sur la netteté de l’image. Cette dernière est, en effet, trouble sur les bords, par suite du phénomène d’optique connu sous le nom d’aberration de sphéricité. De plus, la lumière s’étalant sur une grande surface, il passe une certaine quantité de lumière diffuse qui ternit les blancs de l’image, en y décomposant légèrement le sel d’argent. Enfin, la lumière étant inégalement répartie sur le cliché, ce dernier est inégalement chauffé dans ses différentes parties ; il en résulte le fendillement de la couche de collodion, et quelquefois la rupture du cliché de verre.
M. Monckhoven a légèrement modifié cet appareil en y adaptant une seconde lentille destinée à corriger l’aberration de sphéricité. La figure 78 montre la disposition adoptée par M. Monckhoven, ainsi que le mode de suspension du cliché, qui permet d’éviter un échauffement inégal de ce cliché par les rayons solaires et le danger de sa rupture.

Fig. 78. — Appareil d’agrandissement des épreuves photographiques de M. Monckhoven.
 
Un miroir plan semblable à celui qui est représenté par la figure 76 est fixé dans le volet d’une chambre tenue dans l’obscurité. Une manivelle et sa tige font mouvoir ce miroir de manière à lui donner la position convenable pour que le faisceau lumineux se réfléchisse horizontalement à l’intérieur de l’appareil. La lentille destinée à concentrer les rayons solaires est placée dans l’ouverture pratiquée au volet de la fenêtre.
La lentille AA (fig. 78) est donc le condensateur de lumière. À cette première lentille M. Monckhoven en ajoute une seconde, BB, très-mince et de la forme d’un verre de montre, qui a pour but de remédier complètement à l’aberration de sphéricité de la première lentille. Le cliché est placé dans le châssis EF ; l’objectif destiné à produire l’amplification du cliché se trouve dans le tube G, porté par le châssis DH. L’image amplifiée vient se peindre sur un écran placé à quelques mètres au delà de l’objectif amplificateur G.


Fig. 79. — Effet de l’appareil de M. Monckhoven pour l’agrandissement des épreuves photographiques. 

La figure 78 montre à découvert les éléments de l’appareil d’agrandissement de M. Monckhoven ; la figure 79 fait voir ce même appareil en action. Le condensateur de lumière, ou lentille éclairante, est enchâssé dans l’ouverture B, pratiquée au volet de la fenêtre A. La chambre solaire, C, est portée sur un pied DE. L’image agrandie se forme sur l’écran LM, La distance entre la chambre solaire et l’écran doit être de 3 mètres pour des feuilles de 1m,20 de haut, et de 2 mètres pour des feuilles de 0m,90.
 
 

Appareil de légende : LE MAMMOUTH

 Le plus grand appareil photographique du monde jamais construit à été réalisé en 1900 par l'américain Georges Raymond Lawrence (1868-1938),photographe et inventeur. L'appareil, baptisé le "mammouth", commandé par la société ferroviaire Chicago & Alton Railway pesait 700 kilos pour 4 mètres de long ! 15 hommes étaient nécessaires pour le manoeuvrer. Cette réalisation reçu le grand prix mondial en 1900 lors de l'exposition universelle de Paris.

appareil photographique, le mammouth, en 1900.