les repasseuses

les repasseuses

jeudi 18 février 2016

Le musée fait sa rentrée-)



Au sommaire : des projets, encore des projets -) Le musée reprend du service sur le blog après plusieurs semaines d'absence.

Durant l'hiver nous avons poursuivi l'inventaire des collections du musée qui est mis à jour régulièrement et consultable en ligne. Nous avons également ouvert un compte twitter où vous pouvez suivre notre actualité, ainsi qu'une chaine youtube où le patrimoine et les savoir-faire seront mis à l'honneur.

Sophie Sesmat et le site objets d'hier dédié à l'Art Populaire et Objets de Curiosité, nous a rejoint comme partenaire. Je vous invite à visiter son site, référence en la matière.

Nous travaillons également sur la mise en scène et l'aménagement des espaces pour vous accueillir dans les meilleures conditions.

visuel du futur bistrot.

aménagement de l'épicerie, confiseur, coiffeur et magasin de jouets.

L'acquisition de pièces se poursuit, que ce soit via des dons, des achats,  pour agrémenter les collections du musée. Notre dernière acquisition, la plus importante, une collection d'encriers du XIXè au début du XXè siècle pour garnir la vitrine de la papeterie. Une grande campagne de collecte sera bientôt mise en place dans le communes du nord de Strasbourg et j'espère que vous serez nombreux à y participer.



jeudi 7 janvier 2016

BONNE ANNEE 2016

L'année 2015  a pris fin avec sont lot de bonnes et moins bonnes surprises. C'est l'occasion de faire le bilan de cette année passée qui se termine positive, avec l'envie toujours plus forte de faire émerger ce musée qui peine à prendre forme.

2015 aura été l'année de la mise en place de l'inventaire des collections,  l'achat de pièces et la création du blog afin que le projet soit plus concret aux yeux des personnes qui suivent l'avancée du musée.

2016  sera, je l'espère,  la concrétisation de ces efforts avec le montage des premiers murs et vitrines et pouvoir vous accueillir dans les meilleures conditions.
 
Je vous souhaite à tous, un heureuse année 2016, remplie de projets et de belles rencontres.

David.









jeudi 24 décembre 2015

VOEUX

le musée des commerces et des savoir-faire d'autrefois vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d'année.

Au plaisir de vous retrouver en 2016.

David.

mardi 22 septembre 2015

IL ETAIT UNE FOIS LA COOP - Jean-Pierre Haessig, mémoire vivante de notre bonne vieille coopé !


La passion pour l'histoire et le patrimoine nous amène toujours à faire de belles rencontres, celle qui suit, je l'attendais depuis deux bonnes années.  Je me souviens de l'article de l'article des DNA qui nous présentais Jean-Pierre Haessig et son Panthéon dédié à la COOP, qui on bien faillit disparaître du site historique de celle-ci au port du Rhin, par chance....il n'en est rien !




PORTRAIT :

J'ai eu le plaisir de rencontrer Jean-Pierre à l'occasion des sa porte ouverte pour les JOURNEES DU PATRIMOINE des 19 et 20 septembre. Personnage discret et chaleureux, il nous transporte dans son univers dédié à la COOP,  enseigne dont il fût tout d'abord client avec ses parents,  puis employé en tant que peintre en lettre.

Si on lui demande à quand remonte sa passion pour l'enseigne, il nous dira que c'est depuis toujours, c'est là qu'il commencera à récupérer, sauver ça-et-là, les premiers documents et objets de l'enseigne. En plus d'une décennie, il aura rassemblé plusieurs milliers d'objets, affiches, enseignes et documents relatifs à la COOP.
Je tiens à le remercier pour sa démarche et pour son autorisation concernant la publication des photographies de l'article.


Jean-Pierre Haessig et son Musée de la Coop.


LE MUSEE DE LA COOP : 

Situé  sur le site historique de l'enseigne, au Port du Rhin, le musée installé dans deux bâtiments, dont un ancien magasin de matériel de pêche nous transporte dans l'histoire de la COOP depuis sa création au début du XXème siècle.  

  • En 1902, 125 ouvriers métallurgistes de Strasbourg se réunissent pour la première Assemblée Générale Constituante de la Coopérative de Strasbourg et Environs. La même année, la première succursale ouvre ses portes au 15, rue des Dentelles, dans le secteur de la Petite France à Strasbourg."


1è succursale au 15 rue des dentelles, Strasbourg.



  • En 1912 la "Konsum" (qui deviendra plus tard la Coop) s'installe son siège au port du Rhin.
vue du premier bâtiment du "Konsum" au Port du Rhin.


  • En 1914 la coopérative possède 23 boutiques générant 2,7 millions de marks en chiffre d'affaires. 

Vue intérieure d'une COOP.


  • En 1926, dix ans avant les congés payés, la COOP acquiert un hôtel à Heilligenstein pour offrir à ses 35000 coopérateurs un lieu de villégiature à moindre frais. Elle gère alors 81magasins.

Hôtel de la coop en 1932.

  •  En 1928, l'entreprise lance une première boutique ambulante


  • En 1932, 30 ans après sa création, la Coopé de Strasbourg compte déjà 136 succursales dans le département du Bas-Rhin.

 Vue aérienne des entrepôts de la COOP, Port du Rhin vers 1930.



  • En 1952, après la période tragique de la Seconde Guerre Mondiale, la Coopé de Strasbourg, à laquelle se sont jointes toutes les autres Coopératives de Consommateurs du Bas-Rhin, poursuit son expansion et en 1952 la société compte 365 magasins dans le département."

 L'expansion de la COOP d'après guerre.

Musée de la COOP.  reconstitution d'une boutique.

  •  En 1961, la société ouvre à Strasbourg-Meinau, le1er supermarché coopératif en libre service de France.


  •  En 1964, la COOP possède au Port du Rhin,le chai le plus moderne d'Europe (148cuves)

 Vue sur les quais de chargement du chai, qui s'étale sur plusieurs niveaux en sous-sol.


L'histoire de la coop continue son chemin jusqu'en 2015, date à laquelle celle-ci est mise en liquidation judiciaire.... Il ne reste plus que le travail de mémoire pour faire revivre l'age d'or de la "Coopé" et garantir ainsi son souvenir.


QUELQUES PHOTOS DE L'EXPO :








Vous pouvez contribuer à la sauvegarde de ce patrimoine en transmettant vos documents, objets et souvenirs sur la Coop à Jean Pierre Haessig :
  • 12 rue du Port du Rhin
  • 67100 Strasbourg
  • Contacts 03 88 45 05 92









lundi 21 septembre 2015

l'objet du jour : PORTE FER - PRESENT D'AMOUR

L'objet du jour est aussi beau par son aspect que par ce qu'il représente. Réalisé en cuivre et laiton riveté, ajouré à la main ce porte-fer date du XIXème siècle. Objet usuel il n'en est pas moins un beau témoignage d'art populaire qui comme l'indique le titre est également un présent d'amour.


 

 

Historique : 


Le porte-fer sert à poser les fers à repasser chauds,  son histoire va de paire avec celle du fer à repasser. L'origine des premiers fers à repasser remonte à l'antiquité en Grèce au IVème siècle avant notre ère, les grecs utilisaient une longue tige métallique chauffée pour lisser leur vêtements. Plus tard les romains utilisèrent le repassage à froid à l'aide de maillets.

Le fer à repasser tel qu'on le connaît fût inventé en Chine au IVème siècle de notre ère,  sorte de bassinoire contenant des braises qui l'ont appliquait sur les étoffes. Le repassage à froid fût cependant pratiqué en Europe jusqu'au XVème siècle, date à laquelle les Hollandais eurent l'idée de fabriquer les premiers fers à lingot.

 HDV IVOIRE, lissoir en pierre, Suède XVIIIè siècle.


Le terme "fer à repasser" est quant à lui apparu au XVIIème siècle, date à laquelle les blanchisseurs utilisaient des plaques de fers chauffées munies de poignées pour repasser le linge.



Symbolique: 


Ce porte-fer est ce qu'on appelle un présent d'amour,  pièce réalisée généralement par le mari pour sa femme, pour lui témoigner son attachement et son amour, il peut cependant être réalisé par une personne proche du couple ou par un tiers suite à une commande comme cadeau de mariage.

Le porte-fer est réalisé en cuivre et laiton riveté, matériaux onéreux,  ils témoignent de la richesse de son commanditaire. Plus généralement réalisé en fer forgé, découpé ou pour un usage plus courant en fonte, celui-ci présente des détails délicats, notamment les pieds en forme de pattes de lion, ornement très en vogue au début du XIXème siècle avec l'avènement du style Empire.

 porte-fer, présent d'amour, Alsace XIXème.


Les présents d'amour, sont très présents en Alsace où l'art populaire est riche et varié. Le coeur Symbole iconographique que l'on retrouve partout, notamment sur ce porte-fer est aussi bien le symbole de l'attachement et de l'amour physique qu'un symbole religieux, témoignage de la dévotion de son créateur ou commanditaire à dieu.  Symbole de l'union de deux êtres et du christ  il témoigne aussi de l'attachement de l'artisan à son métier.

Le coeur est dans l'imagerie populaire alsacienne un des motifs les plus utilisés, on le retrouve notamment en architecture, découpé dans les volets, ou ornant un poteau cornier. Dans le mobilier il orne le dossier des sièges,  on le retrouve aussi comme motif décoratif sur la poterie culinaire, que ce soit peint à l'engobe, ou simplement  donnant sa forme au récipient.



moule, poterie de Soufflenheim, Alsace XIXe.

Il est également très apprécié comme motif décoratif  pour les souhaits de bâptème, ex-votos, et objets en lien avec la vie religieuse au quotidien. 

"Les souhaits de baptême alsaciens, appelés göttelbriefe, étaient offerts par le parrain ou la marraine lors de la cérémonie du baptême. Transcrits sur une feuille de papier, et souvent rédigés en vers, les vœux de piété et de bonheur adressés à l’enfant, étaient généralement contenus dans un cœur enrichi de motifs floraux.
La feuille de papier, savamment pliée, contenait un don soit un denier soit une médaille de baptême. La plupart de ces documents sont d’origine protestante. Cette coutume, connue en Alsace, en Suisse et en Allemagne, remonte au XVIe siècle. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, apparaissent les souhaits de baptême imprimés, complétés de mentions manuscrites. Ceux, réunis ici, sont datés entre 1766 et 1813 et proviennent d’Illkirch Graffenstaden, au sud de Strasbourg."

credit : folk collection , musée alsacien, Strasbourg.


credit : folk collection , musée alsacien, Strasbourg.

Outre le coeur, le porte-fer comporte les initiales de son commanditaire, propriétaire ou de la personne à laquelle celui-ci était destiné. Il présente également une ancre marine, qui pourrait nous indiquer le métier de son créateur, probablement un marin ou un batelier. Il existe aussi pour l'ancre une autre symbolique qui rejoint celle du coeur. 

L’ancre est un symbole du christianisme primitif. On la trouve fréquemment représentée au IIè et IIIè siècles dans les catacombes et les cimetières chrétiens de Rome et les sarcophages. Elle était aussi gravée sur des bagues et des gemmes.
Elle symbolisait l’espérance mais aussi la fermeté dans la foi, la conscience, la pauvreté et les tribulations et le salut. Une signification est donnée dans l’Epître au hébreux(6:19) de saint Paul : « Nous avons cette espérance comme une ancre pour l’âme, ferme et sûre ».





Vous pouvez retrouver la signification du coeur dans l'ouvrage :  LE COEUR DANS L'ART POPULAIRE D'ALSACE. Ouvrage édité par le musée alsacien en 1976 à l'occasion de l'exposition ayant pour thème ce symbole.






samedi 19 septembre 2015

COMMERCE, ARTISANAT ET INDUSTRIE DE SCHILTIGHEIM

Ce nouvel article est consacré à l'activité commerciale et artisanale et industrielle de Schiltigheim. Il sera complété régulièrement de rubriques au fil des recherches et des découvertes sur les acteurs de la vie économique de la ville.


SCHILTIGHEIM, LA CITE DES BRASSEURS :

Première commune  au nord de Strasbourg, elle est traversée par l'Ill, l'Aar et le canal de la Marne au Rhin.  Son origine remonte à l'antiquité, située sur un axe commercial du temps de l'Alsace gallo-romaine, menant de ARGENTORATE l'actuelle ville de Strasbourg à BROCOMAGUS anciene capitale des Triboques, aujourd'hui, Brumath. L'ancienne voie romaine qui partait de l'actuelle place Broglie suit le trajet de la route de Brumath.(des vestiges ont été retrouvé récemment lors de fouilles rue brûlée, au niveau de l'INPI).

A l'entrée de la commune, sur le site du cimetière Sainte Hélène, à l'embranchement des routes de Bischwiller (ancienne voie supposée romaine) et de la route de Brumath (voie romaine), se trouvait à l'époque gallo-romaine, un vicus d'artisants, terme désignant un "quartier urbain" ou un "bourg".
Cette situation géographique privillégiée, lui donne dès ses origines des opportunités de développement, qui reprendront dès la fin du XVIIIème siècle et au tournant du XIXème.


 cartes des voies de l'Alsace romaine.



INVENTAIRE : 

La ville appelée également Citée des brasseurs, suite au développement de nombreuses brasseries, dont je traiterais l'historique au fur-et-à-mesure, engendre par cette activité un foisonnement d'autres secteurs, dépendants ou dissociés de l'industrie brassicole.
Je démarre donc l'inventaire des différents acteurs économiques, passé ou présent, pérennes ou oubliés qui ont contribué au développement de la cité.

HENRI BARBEY : SERRURERIE,  SOUDURE AUTOGENE. 





2, rue de la glacière, Schiltigheim.

Au Détour d'une flânerie dans les rues du vieux Schillick, j'ai tout de suite été interpelé par cette ancienne enseigne,  dont l'actuel propriétaire ne connaît pas l'histoire. Le site comprend un bâtiment à usage d'habitation et d'anciens ateliers. Ce site fut le siège de l'entreprise de Serrurerie et soudure HENRI BARBEY.

ateliers et habitation.

La société doit dater du début du XXème siècle, en atteste l'enseigne, qui nous renseigne sur son époque. Elle comporte un numéro de téléphone à 4 chiffres, système utilisé de 1912 et1918.


vue aérienne du site.


D'après mes recherches HENRI BARBEY serait originaire de TARARE, dans le Rhône. Il s'y maria.... plus tard je retrouve sa trace à Lyon en 1904, il a alors 23 ans et est mentionné comme serrurier.
Je retrouve notre entrepreneur, génial inventeur aux ETAS-UNIS. Il y dépose un brevet d'invention le 29 mai 1923, période à  laquelle il devait avoir son entreprise à Schiltigheim.

Intitulé du brevet : 

MACHINE POUR COUPER LES FRUITS ET LES LEGUMES DE TOUTES SORTES, SPECIALEMENT LES POMMES DE TERRE.






IL faut  dire que notre ami avait le nez creux, inventer un coupe frite dans le pays du burger....quelle géniale idée, durant les années folles avant la grande dépression. Ca ne pouvait que marcher !

Selon la légende le premier "burger" serait originaire de HAMBOURG, ville portuaire au nord ouest de l'Allemagne qui lui donna son nom.
1885, Charlie Nagreen originaire de la ville de SEYMOUR dans le Wisconsin, place des boulettes de viande de boeuf entre deux tranches de pain et part les vendre à la foire d’Outagamie : Le hamburger était né !

Point de burger....sans frites....et c'est là que l'on revient à notre ami HENRI BARBEY. Plébiscitées aux USA, les "french fries",  qui d'ailleurs ne sont pas si "french" mais dont la paternité revient à nos cousins belges, sont l'accompagnement incontournable du Hamburger.

"La première attestation de l'expression « french fries » en anglais est datée de1894 dans le livre intitulé Rolling Stones de l'écrivain américain  O.Henry, précédée en 1884 de French fried potatoes. Mais c'est seulement à la fin de la Première Guerre Mondialque cette expression décolla aux États-Unis, lorsque les soldats américains qui avaient goûté des frites dans le nord de la France ou en Belgique sont retournés dans leur pays. Comme la langue parlée dans ces régions était le français, ils les auraient tout simplement appelées French fries.
Selon une autre version, c'est le président américain, Thomas Jefferson, parce qu'il aimait beaucoup les frites préparées par son cuisinier français, qui les aurait naturellement appelées « French fries ». On affirme ainsi que Jefferson, président des États-Unis 1801-1809, qui fut aussi ambassadeur en France de 1785 à 1789, a probablement introduit les frites aux États-Unis en 1802, d'une recette très probablement obtenue de son chef français, Honoré Julien, et qu'il évoque de sa main déjà les potatoes fried in the French manner avec son annotation « Pommes de terre frites à cru, en petites tranches ». Là encore, on ne parle pas de bâtonnet.
Toutefois, les frites n'apparaissent dans les livres de cuisine populaire qu'en 1813 en Amérique, d'où leur nom de French Fries, pour les Américains et les Canadiens. Cette explication est cependant contestée."
 source wikipedia.


publicité des années 1920.


La consommation de frites aux USA s'est démocratisée après la première guerre mondiale, les soldats américains y ayant pris goût lors de leur présence dans le nord de la France. C'est avec le développement des premières chaînes de restauration rapide, que la frite et devenue incontournable. White Caste est la première chaîne de restauration rapide américaine fondée en 1921 par Billy Ingram.

1er fast food White Castle,Wichita, USA, 1921.

vendredi 18 septembre 2015

l'objet du jour : albarello en faience polychrome, Espagne XVIIème siècle.

L'albarello, ou plus communément appelé pot à pharmacie, était alors la forme la plus répandue de ce contenant. Vase en majolique, souvent de forme cylindrique, il était conçu à l'origine pour contenir épices et confitures puis servit à conserver drogues solides, onguents et plantes médicinales séchées des apothicaires.






L'exemplaire présenté et la pièce maîtresse de la pharmacie, originaire d'Espagne, il est en faience polychrome, et remonte au XVIIème siècle.  Il présente un décor d'arabesque et de feuilles, au centre de celui-ci  la mention F.SA, nous indique son contenu.

L' abréviation F.SA est d'origine latine pour "folia saponaria", feuille de saponaire, issue de la "saponia officinalis", saponaire officinale.
La saponaire officinale est une plante herbacée vivace de la famille des Caryophyllaeae. On l'appelle aussi savonnaire, savonnière, saponière, herbe à savon, herbe à foulon, savon des fossés ou savon de fosse.

Le terme latin saponaria ou plus exactement saponem, est à l'origine du mot Savon en français, du mot Soap en anglais, Sabonete en portuguais, Sabun en azéri, Saebe en danois etc....ces origines étymologiques ont suivi l'expansion de l'empire romain, que ce soit du nord au sud de l'Europe jusqu'aux portes de l'Asie Mineure.



saponaria officinalis, saponaire officinale

 

 

Propriété Médicinale :

Cette plante possède des propriétés dépuratives,diurétiques,cholérétiques et vermifuges. On l'emploie contre les rhumatismes et la goutte, contre certaines dermatoses et comme expectorant pour les affections de la cavité orale (angines, aphtes, etc.). La décoction de Saponaire appliquée sur le visage permet de lutter efficacement contre les maladies de la peau tel que l'acné. Les Romains en mettaient dans leur bain pour guérir les démangeaisons. Les léproseries l'utilisaient pour nettoyer les plaies des lépreux.
Elle a été traditionnellement utilisée comme "dépurative du sang" pour ses propriétés cholérétique, antitoxique, diurétique ou antiarthritique. 




Au XVIIème siècle :

L'usage médical à cette époque reste assez restreint,  il le fût cependant pour le traitement de la lèpre, répandue à cette époque.


 
 HST. Intérieur d'apothicaire, Gian Domenico Valentino (Rome 1639-1715) 



Au XIXème siècle :

La saponaire contient dans toutes se parties, tige, racines, feuille, un principe actif la saponine. Elle est reconnue émétiquepurgative, et sternutatoire. On la dit sudirifique, dépurative, fondante, apéritive, diurétique, désobstruante, aphrodisiaque, emménagogue.

Elle a été préconisée dans la jaunisse, le rhumatisme, la goutte, les maladies de la peau et a joui d'une certaine renommée comme antisyphilitique. Dans ce dernier cas elle était prescrite en décoction (30 à 100 grammes par litre d'eau) ou bien on donnait le suc de la plante fraîche à la dose de 100 à 200 grammes par jour.

Enfin, elle à été de tous temps employée à l'extérieur sous forme de décoction contre les engorgements ganglionnaires, les dartres et les démangeaisons. Dans certaines contrées, les feuilles fraîches servent à panser les cautères. On prescrit toutes les parties de la plante, mais plus spécialement la racine et la tige.




Autre usage :

Outre ses propriétés à usages thérapeutiques la Saponaire, du latin Sapo, nom d'un décolorant capillaire d'origine gauloise et qui donne à partir du IVè siècle, le mot savon : elle était utilisée comme tel pour nettoyer la laine du suint et pour blanchir le linge/les dentelles. En effet, frottée dans l'eau, la saponaire est moussante et laisse une sensation glissante sur la main.

Dans l'antiquité, la plante était ainsi utilisée par les Foulons. Dans son ouvrage "De la saponaire et de la saponine"Thèse de pharmacie de Paris , 1882, Loque Marius, nous  décrit ce savoir-faire durant l'antiquité.

D'après les textes antiques de Dioscoride et Galien, l'auteur nous explique le procédé et l'usage de la saponaire. La racine, ou rhizome, était employé par les foulons pour le nettoyage des laines.

"la laine tout d'abord séparée du corps de l'animal, avait besoin avant toute autre opération, d'être débarrassée des diverses ordures qui s'y trouvaient mêlées et, entre autres, de la fiente des brebis. C'étaient ordinairement les enfants du foulon qui avaient cette occupation - d'où vient que la plus grossière injure que l'on puisse jeter à la face d'un homme était de l'appeler fils de foulon.

Il fallait ensuite la débarrasser du suint. Aristote, dans son traité des couleurs, nous explique comment il faisait cette opération. On se servait de lessive, c'est à dire d'une eau qu'on faisait filtrer auparavant au travers les cendres de bois ; puis on la soumettait à l'action de l'urine ayant subit un commencement de putréfaction et on la foulait dans ce liquide, soit avec les mains, soit avec les pieds. 
C'est pour cela, dit un auteur latin, que ces ouvriers ne sont point sujet à la goutte.

L'urine de chameau était employée de préférence (cameli... urinam fullonibus utilissimam esse tradunt) mais comme elle était assez rare, des baquets placés dans les carrefours des villes étaient destinés à recueillir l'urine humaine. Quand la laine ou l'étoffe avait passé le bain d'urine, on la faisait dégorger en la lavant à grandes eaux ; on achevait ensuite de lui donner le dernier degré de propreté dans un bain où l'on faisait bouillir le saponaire ; ainsi que nous l'enseignent également Théophraste, Dioscoride et Hesechyus."
L'on apprend également que durant l'antiquité tout ce qui se rapporte au métier de foulon à une connotation péjorative, aussi bien chez les Grecs que chez les Romains. Aussi Julius Polux nous apprend que le mot
"fullon" servait à Rome pour désigner les pédérastes. De même, les eaux usées et putrides qui s'écoulaient du lavoir des fouleries servait de sobriquet à Athènes pour désigner une courtisane usée et avilie.


 Pompéi, la fullonica, Laverie de Stéphanus.


1 - Entrée et chambre de presse.
2- Laverie.
3 - Resserrage de la trame.
4 - Cardage.
5 - Salle de tonte.
6 - Toilettes.
A,B,C - Cuves de lavage.



Pour conclure sur le métier de foulon, de nombreux lieux-dit et rues portent la mention de cet ancien métier.
On en retrouve mention à Strasbourg dans le quartier dit de la Montagne-Verte, ancienne zone marécageuse, dont une des rues porte ce nom.  Vous pouvez retrouver la rue des foulons sur le plan de Strasbourg ; rue que je connais bien, y ayant vécu toute mon enfance. Cette rue porte probablement ce nom du fait de la proximité de l'Ill, rivière et plus long affluent du Rhin qui traverse toute l'Alsace. Sa présence à proximité de la rue explique peut-être, le nom donné à celle-ci où cette activité a du se développer.